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Qui est Jésus ?

De Jésus de Nazareth à Jésus le Christ

Dans l’histoire de la recherche moderne en théologie et en études bibliques, on a pu observer, dès l’époque des Lumières, une volonté de revenir au Jésus « historique ». L’idée était qu’il fallait distinguer le personnage historique (Jésus de Nazareth) avec le personnage mythique de la foi (Jésus le Christ). Cette idée arrive à un certain aboutissement en 1906 avec la publication du livre d’Albert Schweitzer Histoire des recherches sur la vie de Jésus. Ce pasteur et théologien alsacien passe en revue toutes les interprétations de ce « Jésus historique » en montrant que chacune d’elles sont influencées par les contextes modernes et restent donc superficielles. Il montre alors bien qu’il est nécessaire d’étudier Jésus dans le contexte de son époque, et non pas la notre. Par la suite, la recherche de ce Jésus « historique » avancera de manière plus critique, et les chercheurs devront reconnaître que les évangiles ne sont pas des textes desquels on puisse séparer des éléments biographiques factuels et des éléments mythiques, car l’ensemble du texte est engagé et empreint de foi. Si l’on veut faire une recherche historique à partir des évangiles aujourd’hui, les questions tourneront plutôt autour de l’expression de la foi des premières communautés chrétiennes. On ne se demande plus « qui était Jésus vraiment ? » mais plutôt « comment les premiers chrétiens voyaient Jésus ? ».

Le message du Nouveau Testament

Les textes du Nouveau Testament ne sont pas, en effet, des biographies scientifiques ou historiques. Ce sont des témoignages de foi. Nous, en tant que chrétiens, croyons dans ces témoignages. Et lorsque nous lisons le Nouveau Testament, un message principal en ressort : ce Jésus de Nazareth est bien le Christ, le Messie.

La tentative de retrouver un Jésus « historique » ne peut pas vraiment aboutir avec succès, car la recherche moderne ne peut pas accepter ce fait central qui dicte toutes nos interprétations : Jésus est ressuscité.

En tant que ressuscité, notre Seigneur n’est plus observable de façon purement humaine ou scientifique. Il est au-delà de l’historique. Il est vivant, il est éternel. Il est.

Cette façon de considérer Jésus est présente partout dans le Nouveau Testament, à la fois dans l’expression « Fils de Dieu » (par exemple en Mc 1:1) que dans l’expression « Logos » (en Jn 1). Elle est aussi présente dans d’autres passages :

« Même si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière. »
2 Co 5:16

« Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute création ; car c’est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre, le visible et l’invisible, trônes, seigneuries, principats, autorités ; tout a été créé par lui et pour lui ; lui, il est avant tout, et c’est en lui que tout se tient ; lui, il est la tête du corps – qui est l’Eglise. Il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier. Car il a plu à Dieu de faire habiter en lui toute plénitude et, par lui, de tout réconcilier avec lui-même, aussi bien ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix. »
Col 1:15-20

Pour nous, chrétiens, Jésus n’est pas qu’un simple personnage historique. Nous ne le voyons plus seulement selon la chair, nous voyons en lui la plénitude de Dieu. C’est tout cela, et plus encore, qui est sous-entendu dans notre confession de foi : « Jésus est le Christ, Jésus est Seigneur ».

Le Christ pour nous aujourd’hui

Si nous pouvons affirmer « Jésus est Seigneur et Christ », quelles en sont alors les conséquences dans nos vies ?

Décliner cette réalité de foi chrétienne sous différents aspects, c’est un des efforts d’un domaine de la théologie qui, je pense, demeurera toujours central dans la vie des croyants. C’est ce qu’on appelle la christologie. En effet, tout croyant et toute chrétienne, doivent être, pas définition, christo-centrés.

Voici cinq points-clés de christologie :

  1. Jésus est Fils de Dieu. Dieu s’est fait homme. C’est ce qu’on appelle l’incarnation. L’incarnation nous enseigne que Dieu, dans sa gloire et sa puissance, dans son amour et sa vérité, est venu à nous. Nous, humain, ne pouvons pas nous élever au niveau de Dieu, mais c’est lui, l’Eternel, qui s’est abaissé à notre niveau. Voilà le Dieu que nous appelons « Père ».
  2. Jésus a vécu une vie parfaitement morale. Il était homme, il était tenté en tout, mais il a toujours marché dans la lumière et par amour. Ainsi, la vie de Jésus, son regard envers les autres, sa façon de considérer les démunis, ses miracles et ses guérisons, toutes ces choses sont des exemples pour nous, que nous pouvons admirer et chercher à imiter. En cela, les chrétiens sont des disciples du maître, qui les enseigne et qu’ils cherchent à imiter.
  3. Jésus est mort sur la croix. La croix, cette condamnation honteuse et humiliante, nous enseigne que le message chrétien fondamental est l’amour. Pas n’importe quel amour, mais un amour sacrificiel. La croix nous enseigne qu’aimer, c’est mourir pour l’autre. Voilà notre appel : porter sa croix, toujours chercher à mieux aimer.
  4. Jésus est ressuscité. Il est vivant ! Il n’est pas attaché à un temps et un lieu, le Christ est universel, anhistorique. Et surtout il nous donne une nouvelle vie. La résurrection nous donne une promesse solide et digne de confiance, une promesse de renouveau, une promesse d’éternité, une promesse de vie. La résurrection nous permet d’aller voir notre prochain pour lui annoncer la bonne nouvelle : nous n’avons plus besoin de vivre pour nous-même, dans un corps de mort ! Réjouissons-nous, car il est ressuscité et il nous donne la résurrection !
  5. Jésus reviendra. Parfois appelée la « parousie », cette annonce qu’il y aura une fin, une fin qui sera aussi le début. Jésus reviendra et ce sera l’aboutissement. Le retour de Jésus nous enseigne à vivre dans l’espérance. Après la résurrection, nous ne sommes pas laissé sur terre à rien faire, nous avons la promesse du Royaume qui nous dirige et nous permet de travailler pour lui. La parousie nous donne l’espérance qui nous permet de nous tourner vers l’autre, vers le bien, vers la construction du Royaume, avec joie.

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